Malgré cela, par le moyen de la croix, Jésus-Christ a atteint le coeur d'un centurion inconnu et a changé sa vie. Au pied de la croix, cet homme en est venu à découvrir que Jésus était vraiment le fils de Dieu. |
Je suis centurion romain, sous-officier ayant une centaine d'hommes
sous mon commandement. Vous trouvez ça impressionnant?
Ça ne l'est pas. Je suis un simple fantassin de l'armée
romaine. J'exécute les ordres qu'on me donne.
Nous quittâmes la Tour d'Antoine et allâmes à
l'est de la ville, au jardin des oliviers. Quel entourage. Un informateur juif dénommé Judas nous dirigeait. Il était suivi par des chefs des prêtres et
des scribes enragés. Leur police du temple était
avec eux et mes hommes fermaient la marche. Nous nous enfoncions
dans la noirceur avec des épées, des bâtons
et des torches. Bien que l'air fut vif, l'atmosphère était
chargé de haine.
En arrivant au jardin appelé Gethsémané,
un homme s'est avancé et a demandé: " Qui cherchez-vous?"
Notre informateur fit un pas en avant et, dans un geste d'apparente
amitié, donna un baiser à l'homme. C'était
notre signal. Tout de même, croyant qu'il valait mieux confirmer
l'identification, je répondis: "Jésus de Nazareth."
"C'est moi" dit l'homme.
Son aveu direct nous surprit tellement que nous avons reculé
et plusieurs de mes hommes sont tombés par terre. Je mis
Jésus en état d'arrestation et le dirigeai vers
la maison du souverain sacrificateur. Je pensais ne jamais plus
Le revoir, mais je me trompais.
Un peu plus tard dans la nuit, les Juifs L'emmenèrent au
prétoire de Pilate, à la Forteresse d'Antoine. Déjà,
au cours d'un semblant de procès ils avaient déclaré
Jésus coupable. Ils exigeaient maintenant que Pilate Le
condamne à mort.
Il était visible que cette cause ferait tergiverser Pilate.
Il ne croyait pas que Jésus ait fait quoi que ce soit qui
justifie la mort, mais, dans son manque de caractère, il
refusa de prendre position et de Le libérer. A la place,
il m'ordonna de le flageller. J'acquiescai et mes hommes s'en
donnèrent à coeur joie.
Ils Le fouettèrent impitoyablement, creusant dans Son dos
des plaies profondes et affreuses. Mes hommes y prenaient beaucoup
trop plaisir. Ils se moquèrent de Jésus parce qu'Il
avait déclaré être le roi des Juifs. L'un
d'eux fit une couronne avec des épines qu'il avait trouvées
dans les parages, et je grimaçai quand ils la Lui ont enfoncée
dans la peau sensible de son front. Ils Le frappèrent,
Lui crachèrent dessus, Le ridiculisèrent. Ils l'auraient
probablement tué, mais il y avait quelque chose d'encore
plus diabolique en réserve: la croix.
(*)
Mes soldats emmenèrent Jésus et Lui firent porter
sa croix de chez Antoine jusqu'à une petite colline en
dehors des murs de la ville. Nous l'appelons le mont du Calvaire.
Les Juifs l'appellent le mont Golgotha. Là, ils le clouèrent
à la croix qu'ils laissèrent tomber violemment dans
un trou. Il pendait juste quelques pieds au-dessus du sol.
Les chefs des prêtres continuaient à se moquer de
Jésus. Ils disaient: " Si tu es vraiment celui que
tu dis être, descends de la croix et sauve-toi toi-même!
" D'un seul choeur, mes hommes se joignirent à eux:
" Ouais, si tu es le roi des juifs, sauve-toi toi-même.
" Je n'ai jamais vu tant de haine dirigée vers une
même personne.
(*)
Durant les heures qu'Il passa sur la croix, il se produisit des
choses bizarres [*].
Le ciel devint sombre, aussi noir qu'en pleine nuit
(*). C'était sinistre à en donner le frisson. Quelqu'un rapporta que le voile
dans le temple juif s'était déchiré en deux (*).
Mais ces incidents ne préoccupèrent pas les soldats
que je commandais. Ils étaient trop occupés à
se partager sa tunique. [*]
Tout de même, cet homme avait quelque chose de différent.
Son comportement envers les autres, Sa gentillesse, Son entière
- bien appelez ça ...joie - d'être crucifié.
Une fois Il a élevé son regard vers le ciel et je
pense l'avoir entendu dire "Père, pardonne-leur,
car ils ne savent pas ce qu'ils font." (*)
A mesure que les heures s'étiraient, je voyais que Sa vie
approchait de la fin. Encore une fois, Il regarda en haut et Il
parla au ciel. Puis il mourut.
Après cela, quelques chefs des prêtres ont commencé
à m'exaspérer. Ils voulaient que j'accélère
la mort des crucifiés parce que le jour du Sabbat approchait.
Les Juifs ne permettent pas que des corps pendent à des
croix durant leur jour saint. Le gouverneur accepta, et ordonna
de briser les jambes aux hommes. C'est ce que firent mes soldats,
mais ils ne brisèrent pas les jambes de Jésus. Il
était évident qu'il ne restait plus de vie dans
Son corps. Toutefois, juste pour m'en assurer, j'ordonnai à
un de mes hommes de lui percer le côté avec une lance.
De l'eau et du sang jaillirent. Jésus de Nazareth était
mort.
Quel week-end. Avec tellement de Juifs en ville, on s'attendait
à un peu de trouble, mais rien de cette envergure. Qui
aurait pu croire que les chefs des prêtres pouvaient autant
haïr un Juif qu'ils ont haï ce Jésus? Ils L'ont
accusé de blasphème, mais ce n'est pas un blasphémateur
que j'ai vu mourir sur la croix ce jour-là.
D'habitude, je suis la voix de l'autorité. Aujourd'hui, je fus la voix
de l'affirmation. Jésus était celui qu'Il déclarait
être. D'un ton à peine perceptible et dans un émerveillement
inexprimable j'affirmai: " Cet homme était réellement
juste. "
Je ne sais pas ce qui m'a attiré à Lui. Peut-être
était-ce la promesse que je L'avais entendu faire au voleur
sur la croix à côté de Lui. Jésus lui
avait dit qu'il serait avec Lui dans le paradis. Ah! . . . Que j'aimerais
donc qu'Il m'ait dit ça à moi . . .
Les événements de ce week-end m'ont dégoûté.
Ils m'ont épuisé. Mais plus important encore, ils
m'ont changé.
Tout a débuté lorsque mon commandant a envoyé
un message à nos baraques. Il était tard la nuit
et les Juifs étaient à la Forteresse d'Antoine.
Ils demandaient que des soldats romains les accompagnent pour
arrêter un traître. Mon commandant me dit de prendre
mes hommes et d'aller avec eux.
J'avais suivi la brève carrière de ce Nazaréen.
Les autorités, le prenant pour un fauteur de troubles,
m'avaient donc demandé de garder un oeil sur Lui. En autant
que je sache, Il n'avait jamais rien fait de mal. C'est pourquoi
je ne peux pas dire que j'étais fier de ce que mes hommes
Lui firent. Oh, je ne croyais pas réellement qu'Il était
le Messie ou le Fils de Dieu. Je pensais qu'Il n'était
rien qu'un excentrique, victime d'illusions. Mais personne ne mérite
d'être traité comme Il fut traité.
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