Matthieu 27:54





Les soldats romains n'étaient pas reconnus pour leur religiosité.
Malgré cela, par le moyen de la croix, Jésus-Christ a atteint le coeur d'un centurion inconnu et a changé sa vie.
Au pied de la croix, cet homme en est venu à découvrir que Jésus était vraiment le fils de Dieu.


Les événements de ce week-end m'ont dégoûté. Ils m'ont épuisé. Mais plus important encore, ils m'ont changé.

Je suis centurion romain, sous-officier ayant une centaine d'hommes sous mon commandement. Vous trouvez ça impressionnant? Ça ne l'est pas. Je suis un simple fantassin de l'armée romaine. J'exécute les ordres qu'on me donne.

Tout a débuté lorsque mon commandant a envoyé un message à nos baraques. Il était tard la nuit et les Juifs étaient à la Forteresse d'Antoine. Ils demandaient que des soldats romains les accompagnent pour arrêter un traître. Mon commandant me dit de prendre mes hommes et d'aller avec eux.

Nous quittâmes la Tour d'Antoine et allâmes à l'est de la ville, au jardin des oliviers. Quel entourage. Un informateur juif dénommé Judas nous dirigeait. Il était suivi par des chefs des prêtres et des scribes enragés. Leur police du temple était avec eux et mes hommes fermaient la marche. Nous nous enfoncions dans la noirceur avec des épées, des bâtons et des torches. Bien que l'air fut vif, l'atmosphère était chargé de haine.

En arrivant au jardin appelé Gethsémané, un homme s'est avancé et a demandé: " Qui cherchez-vous?"

Notre informateur fit un pas en avant et, dans un geste d'apparente amitié, donna un baiser à l'homme. C'était notre signal. Tout de même, croyant qu'il valait mieux confirmer l'identification, je répondis: "Jésus de Nazareth."

"C'est moi" dit l'homme.

Son aveu direct nous surprit tellement que nous avons reculé et plusieurs de mes hommes sont tombés par terre. Je mis Jésus en état d'arrestation et le dirigeai vers la maison du souverain sacrificateur. Je pensais ne jamais plus Le revoir, mais je me trompais.

Un peu plus tard dans la nuit, les Juifs L'emmenèrent au prétoire de Pilate, à la Forteresse d'Antoine. Déjà, au cours d'un semblant de procès ils avaient déclaré Jésus coupable. Ils exigeaient maintenant que Pilate Le condamne à mort.

Il était visible que cette cause ferait tergiverser Pilate. Il ne croyait pas que Jésus ait fait quoi que ce soit qui justifie la mort, mais, dans son manque de caractère, il refusa de prendre position et de Le libérer. A la place, il m'ordonna de le flageller. J'acquiescai et mes hommes s'en donnèrent à coeur joie.

Ils Le fouettèrent impitoyablement, creusant dans Son dos des plaies profondes et affreuses. Mes hommes y prenaient beaucoup trop plaisir. Ils se moquèrent de Jésus parce qu'Il avait déclaré être le roi des Juifs. L'un d'eux fit une couronne avec des épines qu'il avait trouvées dans les parages, et je grimaçai quand ils la Lui ont enfoncée dans la peau sensible de son front. Ils Le frappèrent, Lui crachèrent dessus, Le ridiculisèrent. Ils l'auraient probablement tué, mais il y avait quelque chose d'encore plus diabolique en réserve: la croix. (*)

Mes soldats emmenèrent Jésus et Lui firent porter sa croix de chez Antoine jusqu'à une petite colline en dehors des murs de la ville. Nous l'appelons le mont du Calvaire. Les Juifs l'appellent le mont Golgotha. Là, ils le clouèrent à la croix qu'ils laissèrent tomber violemment dans un trou. Il pendait juste quelques pieds au-dessus du sol.

Les chefs des prêtres continuaient à se moquer de Jésus. Ils disaient: " Si tu es vraiment celui que tu dis être, descends de la croix et sauve-toi toi-même! " D'un seul choeur, mes hommes se joignirent à eux: " Ouais, si tu es le roi des juifs, sauve-toi toi-même. " Je n'ai jamais vu tant de haine dirigée vers une même personne. (*)

J'avais suivi la brève carrière de ce Nazaréen. Les autorités, le prenant pour un fauteur de troubles, m'avaient donc demandé de garder un oeil sur Lui. En autant que je sache, Il n'avait jamais rien fait de mal. C'est pourquoi je ne peux pas dire que j'étais fier de ce que mes hommes Lui firent. Oh, je ne croyais pas réellement qu'Il était le Messie ou le Fils de Dieu. Je pensais qu'Il n'était rien qu'un excentrique, victime d'illusions. Mais personne ne mérite d'être traité comme Il fut traité.

Durant les heures qu'Il passa sur la croix, il se produisit des choses bizarres [*]. Le ciel devint sombre, aussi noir qu'en pleine nuit (*). C'était sinistre à en donner le frisson. Quelqu'un rapporta que le voile dans le temple juif s'était déchiré en deux (*). Mais ces incidents ne préoccupèrent pas les soldats que je commandais. Ils étaient trop occupés à se partager sa tunique. [*]

Tout de même, cet homme avait quelque chose de différent. Son comportement envers les autres, Sa gentillesse, Son entière - bien appelez ça ...joie - d'être crucifié. Une fois Il a élevé son regard vers le ciel et je pense l'avoir entendu dire "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font." (*)

A mesure que les heures s'étiraient, je voyais que Sa vie approchait de la fin. Encore une fois, Il regarda en haut et Il parla au ciel. Puis il mourut.

Après cela, quelques chefs des prêtres ont commencé à m'exaspérer. Ils voulaient que j'accélère la mort des crucifiés parce que le jour du Sabbat approchait. Les Juifs ne permettent pas que des corps pendent à des croix durant leur jour saint. Le gouverneur accepta, et ordonna de briser les jambes aux hommes. C'est ce que firent mes soldats, mais ils ne brisèrent pas les jambes de Jésus. Il était évident qu'il ne restait plus de vie dans Son corps. Toutefois, juste pour m'en assurer, j'ordonnai à un de mes hommes de lui percer le côté avec une lance. De l'eau et du sang jaillirent. Jésus de Nazareth était mort.

Quel week-end. Avec tellement de Juifs en ville, on s'attendait à un peu de trouble, mais rien de cette envergure. Qui aurait pu croire que les chefs des prêtres pouvaient autant haïr un Juif qu'ils ont haï ce Jésus? Ils L'ont accusé de blasphème, mais ce n'est pas un blasphémateur que j'ai vu mourir sur la croix ce jour-là.

D'habitude, je suis la voix de l'autorité. Aujourd'hui, je fus la voix de l'affirmation. Jésus était celui qu'Il déclarait être. D'un ton à peine perceptible et dans un émerveillement inexprimable j'affirmai: " Cet homme était réellement juste. "

Je ne sais pas ce qui m'a attiré à Lui. Peut-être était-ce la promesse que je L'avais entendu faire au voleur sur la croix à côté de Lui. Jésus lui avait dit qu'il serait avec Lui dans le paradis. Ah! . . . Que j'aimerais donc qu'Il m'ait dit ça à moi . . .




© Tous droits réservés

Toute reproduction interdite, incluant photocopie.

Une production française de

le 5 mars 1996
| RETOUR AU TABLEAU DES VOIX |


00[an error occurred while processing this directive]